« Jeune et coloré », voilà ce qui pourrait devenir le nouveau slogan du parti républicain pour les présidentielles de 2016. Le challenge est immense, il faut réussir à convaincre les jeunes que le GOP est un parti d’avenir, ouvert d’esprit, moderne, jeune et dynamique. C’est dans une « bible » d’une centaine de pages « Grand Old Party for a Brand New Generation »que l’on retrouve les détails de cette tentative de séduction. Stratégie qui sera prochainement mise à l’épreuve lors de la convention 2013 du College Republican National Committee, qui se tiendra à Washington D.C, du 13 au 16 juin prochains.

En effet, les résultats des dernières élections présidentielles ont révélé un des points faibles du parti de l’éléphant, à savoir son manque de popularité auprès des moins de 30 ans. Lors d’un sondage réalisé en avril dernier par le Washington Post et ABC News on constate que pour 65% des jeunes âgés de 18 à 29 ans le parti républicain n’est pas en mesure de répondre adéquatement aux attentes de la majorité de la population. Le parti démocrate devenant ainsi l’alternative la plus crédible pour cette part de l’électorat.

Mais tout n’est pas perdu pour le GOP, car plus que le parti en lui-même, c’est surtout l’effet Obama qui a suscité l’engouement auprès des jeunes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, 46% des jeunes déclarent que le parti démocrate répond adéquatement aux attentes des jeunes contre 47% qui déclarent le contraire. Mais, lorsqu’on évoque Obama, 58% des jeunes le perçoivent comme étant en phase avec les réalités d’aujourd’hui. Ce qui explique les résultats des urnes. En 2008, 66% des jeunes de moins de 30 ans et 60% en 2012 ont voté pour Obama (soit 5 millions de voix de plus que son adversaire Mitt Romney). C’est le plus gros score réalisé par un candidat à la présidence depuis Reagan, qui lui avait récolté 56% des suffrages auprès de cet électorat.

Ce qui a desservi le GOP en 2008 et 2012 pourrait très bien leur être d’une aide précieuse pour 2016. En effet, Obama ne pouvant se présenter pour un troisième mandat, les démocrates doivent trouver un successeur qui sera renouveler cet exploit, et aucun candidat ne semble pour le moment, représenter une alternative crédible. Les républicains pourraient, si leur stratégie s’avère efficace, faire balancer les prochaines élections.

La carte de la modernité ne sera cependant pas suffisante. Les questions comme l’immigration, les minorités ethniques, l’avortement, le mariage gai sont également au coeur des débats. Il pourrait être judicieux que le GOP marque une certaine rupture avec la base la plus conservatrice du parti afin d’offrir une alternative plus modérée et moderne sur ces enjeux, susceptible de séduire davantage les plus jeunes. En d’autres termes, jouer la carte du conservatisme économique et constitutionnel laissant au second plan les enjeux moraux. Mais, il reste encore du chemin à parcourir et certaines bourdes risquent de coûter cher au parti. Je vous laisse savourer une sélection de belles perles:

 » Exhibit No. 1: Texas Congressman Louie Gohmert, a GOP member of House Judiciary Committee, told a witness — who had ended her pregnancy after having been advised that the fetus was brain dead, that she should have carried the “child” to term.

Exhibit No. 2: Erik Erickson, the founder of RedState, mansplained to Fox News’ incredulous Megyn Kelly this week that “when you look at biology, look at the natural world, the roles of a male and a female in society, and other animals, the male typically is the dominant role.”

Exhibit No. 3: Phil Bryant, Mississippi’s first-term governor, blamed working mothers for American illiteracy. Exhibit No. 4, Georgia Senator Saxby Chambliss attributed rape in the armed forces to hormones.”

A.E

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