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Lors de la soirée électorale du 5 novembre dernier, trois courses ont particulièrement attiré l’attention des médias. D’abord l’élection sans surprise (73,3% – 24,3%) du démocrate Bill de Blasio à la mairie de New York, contre son adversaire Joe Lhota. Malgré les attaques des républicains le qualifiant de marxiste en raison de son soutien aux Sandinistes au Nicaragua durant la présidence de Ronald Reagan, les New Yorkais ont clairement montré leur volonté de changement après les années Giuliani (1994-2001) et Bloomberg (2002-2013). Le cheval de bataille de cette nouvelle ère progressiste est  la lutte contre les inégalités. De Blasio a un agenda très ambitieux: favoriser l’accès à la scolarité dès quatre ans, construire plus de 200 000 logements sociaux, continuer la lutte contre la criminalité, et augmenter les impôts des plus hauts revenus (500 000 dollars et plus par année). Ce dernier point devra, pour se concrétiser, obtenir l’aval de la capitale de l’État de New York, Albany, mais à un an des élections de mi-mandat, il sera difficile d’obtenir les appuis nécessaires.

Ensuite, la réélection de Chris Christie au poste de gouverneur du New Jersey (60,4% – 38,1%) rappelle que Chris Christie devient un nom incontournable pour les présidentielles de 2016. Il agace les républicains les plus conservateurs et fait trembler les démocrates qui le considèrent comme une menace sérieuse pour 2016. Sa popularité auprès de l’électorat normalement attribué aux démocrates (les femmes, les jeunes, les minorités ethniques et surtout les indépendants) atteint de nouveaux sommets. En effet, malgré ses positions conservatrices sur des enjeux comme le mariage gay et l’avortement, Christie fait preuve de pragmatisme, et choisit ses combats. Il préfèra finalement ne pas s’opposer à la légalisation du mariage entre personnes de même sexe au New Jersey, considérant que c’est une bataille perdue d’avance. De plus, il a personnellement soutenu un projet de loi renforçant le contrôle des armes à feu dans son État,  suite à la tuerie de Sandy Hook en décembre dernier. Récemment, il a dénoncé publiquement l’intransigeance des républicains au Congrès qui a mené au shutdown en octobre dernier.

Enfin, l’élection surprise cette fois-ci, du démocrate Terry McAuliffe (48% – 45%) face au républicain Ken Cuccinelli au poste de gouverneur de la Virginie met en évidence la crise de confiance dont est victime le Grand Old Party (GOP). L’épisode de l’impasse budgétaire du mois dernier est encore dans tous les esprits. À cela s’ajoutent des changements démographiques importants qui redéfinissent les dynamiques électorales, et font des minorités ethniques, l’électorat à séduire, et talon d’Achille des républicains.

A.E

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