Mercredi 26 septembre se tenait à l’auberge Saint-Gabriel dans le vieux-port, la première conférence de la série « Election 2012: l’affrontement Obama » organisée par l’Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand.

David Lublin professeur à l’American University à Washington DC, et John Parisella ex délégué général du Québec à New York nous exposent les mécanismes du système électoral américain. Ils se risquent même à des pronostics quant à l’issue de l’élection du 6 novembre prochain.

Selon les estimations du 26 septembre, Barack Obama obtiendrait 247 délégués contre 191 pour Mitt Romney. Le président serait également en bonne voie pour remporter l’ensemble des États clés grâce à la règle du winner-take-all, en vigueur dans un grand nombre de ces États. Seule la Caroline du Nord est donnée de facto favorable au candidat républicain.

Mais comme le précise John Parisella, rien n’est joué tant que la date fatidique de l’élection ne scelle les résultats. En effet, cette élection semble vouloir défier la règle de l’élection statistique. Même si aucun président n’a jamais été réélu lorsque le taux de chômage dépassait les 7,2%, les électeurs restent plus enclin à accorder leur confiance dans l’actuel locataire de la Maison-Blanche qu’à son challenger, en ce qui concerne la relance de l’économie et la création d’emplois. Toutefois le bilan des quatre années d’Obama est mitigé et il devra, si il est réélu, faire ses preuves dans le second mandat et marquer l’histoire.

Les Américains regardent au-delà des enjeux, et s’attardent sur la personnalité des candidats. A l’heure actuelle, Barack Obama apparaît comme plus sympathique et charismatique que son adversaire. C’est un problème de taille auquel doit s’attaquer Romney qui, à l’aube de l’élection laisse planer le mystère. Qui est le véritable Mitt Romney? Or, les électeurs n’aiment pas rester dans le flou. Ils veulent un leader envers qui ils peuvent s’identifier. Les débats à venir ne semblent pas bouleverser la donne actuelle. Il n’y a pas d’Home Run prévu de la part de Mitt Romney. Ce que confirme David Lublin, en précisant qu’habituellement les débats ne changent rien à l’issue du vote.

Frédérick Gagnon (professeur au département de science politique de l’UQAM et directeur de l’Observatoire sur les Etats-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand) revient sur les fameuses données du taux de chômage rappelant qu’aucun président n’a été réélu lorsque le taux de chômage dépasse les 7,2%. Mais il semble que ce soit différent pour Barack Obama. La question sous-jacente est de savoir si la convention démocrate a joué un rôle majeur dans ce phénomène.

David Lublin souligne que le problème de Romney en ce qui concerne l’économie est l’absence d’alternatives crédibles. Il se contente de critiquer les politiques de l’administration Obama, qu’il jugent inefficaces et onéreuses, sans proposer de programme concret. Obama répond à cette attaque par sa devise Forward. Même si son bilan économique n’est pas à la hauteur des promesses de 2008, le pays se trouve dans une meilleure posture que lors de son investiture. « Four more years » sont indispensables pour espérer aller au bout des politiques entreprises depuis le début de son mandat.

Pour John Parisella cette fameuse donnée du 7,2% est un mythe crée par les médias. Loin d’être un indicateur fixe, c’est au contraire un élément très relatif. Lorsque Clinton a brigué en 1996 un deuxième mandat, le contexte économique était morose. La relance du pays n’était envisageable que sur le long terme. Les électeurs conscients de cet enjeu ont malgré tout accordé leur confiance au président. Or, là où le bas blesse pour Mitt Romney c’est qu’il propose les mêmes politiques menées par George W Bush. Ces mêmes politiques qui sont à l’origine du marasme actuel, ce qui n’échappe pas aux électeurs.

L’issue des débats et la surprise d’octobre (si surprise il y a ! ) feront peut-être basculer la tendance actuelle. La campagne perdure jusqu’au 6 novembre.

A.E

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