Shutdown

Faute d’accord entre les membres du Congrès concernant le vote du budget fédéral, la Maison-Blanche a annoncé la fermeture partielle des instances gouvernementales, effective dès aujourd’hui. C’est un véritable « ping-pong parlementaire » qui s’est opéré lundi au Congrès. La Chambre haute (le Sénat à majorité démocrate) a rejeté pour la seconde fois consécutive le projet de loi proposé par la Chambre basse (la Chambre des représentants). Ce projet prévoyait de reporter l’entrée en vigueur de la loi sur la santé plus connue sous le nom d’Obamacare, dont la mesure phare entre en vigueur aujourd’hui. Désormais, plusieurs millions d’Américains dépourvus d’assurance maladie pourront choisir, quelle que soit leur situation professionnelle, un contrat d’assurance à prix compétitif, grâce aux subventions gouvernementales.

C’est donc presque un million de fonctionnaires fédéraux qui se retrouvent au chômage technique tant que la crise au Congrès n’est pas résolue. La plupart des activités du gouvernement vont être suspendues à l’exception des services jugés essentiels (ceux qui relèvent notamment de la sécurité intérieure et extérieure), ainsi que les dépenses obligatoires (comme les prestations sociales). Les conséquences économiques du Shutdown inquiètent les économistes, qui prédisent (en se rapportant aux chiffres du shutdown de 1995) un ralentissement de la reprise économique déjà faible.

À cela s’ajoute un autre évènement de taille, qui pourrait avoir les effets les plus néfastes à la fois sur l’économie américaine mais également sur le marché mondial. Il s’agit des négociations de la mi-octobre où le Congrès doit décider s’il autorise ou non un relèvement du plafond fixé pour la dette américaine, qui présage de nouvelles batailles autour d’ Obamacare. En effet, si les républicains maintiennent leur position et refusent d’augmenter la capacité de crédit du gouvernement, les États-Unis se trouveront en défaut de paiement et devront faire face à une frilosité des investisseurs étrangers.

À vouloir mener coûte que coûte une guerre ouverte à Obama, les républicains mettent en péril leur crédibilité. Selon un sondage mené par Quinnipiac, 72% des Américains  s’opposent  à la fermeture des instances gouvernementales, et condamnent le comportement de leurs élus. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, les républicains récoltent 74% d’avis défavorables contre 60% pour les démocrates.

L’expression « The broken Branch »* très souvent utilisée pour qualifier l’institution législative en soulignant son immobilisme, prend ici tout son sens.

A.E

* En référence à l’ouvrage de Thomas E. Mann et Norman J. Ornstein  The Broken Branch: How Congress is Failing America and How to Get It Back on Track. 

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