Lundi 21 janvier se déroulait devant le Capitole, la 57è cérémonie d’investiture présidentielle marquant ainsi le début du second mandat du président Obama. Les discours tenus à cette occasion peuvent souvent être décevants et donner l’impression de trainer en longueur. Avec une côte de confiance des plus moyenne (51%) et deux fois moins de personnes qui se sont déplacées pour venir  assister à l’évènement (800 000 cette année contre 2 000 000 il y a quatre ans), on pouvait s’attendre à un discours timoré visant la réconciliation partisane.

Bien au contraire, dans son allocution d’une vingtaine de minutes Barack Obama donne le ton. Il n’hésite pas à aller de l’avant sur des mesures qui sont pourtant, loin d’êtres populaires. Au menu, libéralisme et progressisme comme ligne directrice de la politique de ce second mandat.

Pour éviter les contestations, Obama n’oublie pas de faire référence à de nombreuses reprises, aux principes fondateurs de l’exceptionnalisme américain enchâssés dans la Déclaration d’Indépendance et la Constitution. Pour insister sur l’esprit d’unité de la nation, Obama ne cesse d’emprunter la célèbre formule « We, the people » de la Constitution des États-Unis. En ce jour d’hommage national à Martin Luther King, le président a évoqué les valeurs chères aux Américains, en mettant l’accent sur  la liberté et l’égalité.

Il a affirmé et soutenu les priorités de l’administration à savoir, l’économie, le contrôle des armes à feu, la réforme de l’immigration, le déficit fiscal, et tout particulièrement le mariage homosexuel. En effet, il a annoncé que l’épopée américaine ne serait achevée sans une égalité parfaite entre tous. C’est la première fois qu’un président américain évoque les droits des homosexuels dans un discours inaugural. Il a également réaffirmé sa volonté de réformer l’immigration afin que l’Amérique redevienne le « Land of opportunities »

«Notre épopée ne sera pas complète tant et aussi longtemps que nous n’aurons pas trouvé une meilleure façon d’accueillir les immigrants ambitieux et pleins d’espoir qui voient toujours l’Amérique comme une terre d’opportunité.»

Cependant, Obama demeure conscient que l’avenir de ses politiques dépend pour beaucoup du Congrès. Mais, n’ayant pas de troisième mandat à convoiter, il usera de stratagèmes pour sensibiliser l’opinion publique et, ainsi influencer les membres du Congrès. Par le biais du groupe de pression « Organizing for Action » mis en place par son staff de campagne, Barack Obama tentera de convaincre la population du bien fondé de ses politiques, tout en essayant de surmonter l’opposition républicaine.

En d’autres termes, les dés sont lancés et Obama appelle la population à se mobiliser afin que ce second mandat ne soit pas synonyme d’accident de parcours.


A.E

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